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Après enquête publique, la préfecture des Bouches-du-Rhône
vient d'autoriser l'IRSN à exploiter un accélérateur
de particules, qui sera implanté sur le centre du CEA de Cadarache
(Bouches-du-Rhône). Cet accélérateur, Amande, permettra de
produire des neutrons mono-énergétiques et sera utilisé par
l'IRSN dans le cadre de son programme d'études et de recherches
en dosimétrie des neutrons. Ce nouvel accélérateur constitue
une extension de l'installation existante Cezane, soumise
à autorisation préfectorale au titre de la législation sur
les installations classées pour la protection de l'environnement
(ICPE).
Pourquoi
Amande ?
Chaque année en Europe, plusieurs dizaines de milliers de
travailleurs intervenant dans l'industrie nucléaire, les
applications militaires du nucléaire, mais aussi la
recherche, certaines activités de radiothérapie ou l'usage
de certaines sources radioactives, peuvent être exposés à
un rayonnement neutronique, souvent combiné à un
rayonnement gamma. Cette exposition nécessite une
surveillance spécifique qui est techniquement difficile à
réaliser en raison de la spécificité des neutrons
(particules neutres, dont la gamme d'énergies est très étendue,
dont les effets biologiques dépendent de l'énergie).
Ainsi, l'amélioration des techniques de métrologie et de
dosimétrie des neutrons utilisées pour assurer la
radioprotection des travailleurs constitue un enjeu
important pour les années à venir, tant en France qu'au
plan international.
Face à cet enjeu, l'IRSN a développé une activité
importante et reconnue dans le domaine de la dosimétrie des
neutrons grâce à ses chercheurs expérimentés et ses
installations implantées sur le site de Cadarache. Pour
compléter l'éventail des compétences et des outils,
l'IRSN a décidé en 2000 de se doter d'un équipement supplémentaire
: l'accélérateur Amande.
En effet, pour évaluer le comportement des instruments en
fonction de l'énergie, il faut les placer dans un champ de
neutrons d'énergie bien définie (on parle de neutrons monoénergétiques)
et faire varier l'énergie de façon également parfaitement
maîtrisée (on parle de qualité métrologique). Ces champs
neutroniques monoénergétiques sont réalisables uniquement
à l'aide d'accélérateurs spécialement conçus à cet
effet. Or l'IRSN ne dispose pas d'une installation
permettant de faire ce type d'essai avec les performances
requises.
C'est précisément l'objet du projet Amande, dont
l'implantation est prévue sur le site de Cadarache. Grâce
à l'expérience tirée des laboratoires similaires (PTB en
Allemagne et NPL au Royaume-Uni), l'installation Amande détiendra
des qualités techniques nouvelles, qui permettront d'améliorer
les conditions d'essais en dosimétrie des neutrons et de
confirmer le rôle de l'IRSN, dans ce domaine, comme le
Laboratoire Associé du Bureau National de Métrologie.
Cet équipement sera par ailleurs un extraordinaire outil de
recherche dans des domaines qui vont bien au-delà de la métrologie
de référence. Un tel dispositif expérimental permettra à
différentes équipes françaises et européennes de
produire de nouvelles connaissances, notamment pour développer
de nouveaux détecteurs de neutrons, qualifier les codes de
simulation de transport des neutrons, déterminer
l'efficacité de la protection biologique apportée par des
matériaux pour des neutrons d'énergies spécifiques, etc.
Pour
en savoir plus, voir la plaquette de présentation du projet
Amande (pdf, 240 Ko)
Qu'est-ce
qu'une enquête publique ?
Toute création ou modification d'une installation classée
pour la protection de l'environnement (ICPE) est soumise
à une réglementation spécifique. Une autorisation préfectorale
est obligatoire à partir d'une certaine quantité de radioéléments
présents dans l'installation, comme c'est le cas pour Amande.
Une demande d'autorisation suit plusieurs étapes. Le
futur exploitant de l'ICPE constitue tout d'abord un dossier
de demande d'autorisation, dans lequel figurent principalement
une notice descriptive du projet (dont cartes et plans à
différentes échelles), une étude d'impact, une étude des
dangers et une notice relative à l'hygiène et à la sécurité
des travailleurs. Ce dossier est ensuite instruit par les
services du préfet et transmis pour examen à l'inspection
des installations classées de la DRIRE (Direction régionale
de l'industrie de la recherche et de l'environnement). Après
avis positif de la DRIRE sur la recevabilité du dossier,
le préfet saisit le tribunal administratif pour lancer une
consultation du public : c'est l'enquête publique. Parallèlement,
le préfet consulte différents services administratifs (Direction
départementale de l'équipement, Direction départementale
des affaires sanitaires et sociales, etc.) ainsi que les
conseils municipaux des communes concernées par le rayon
de l'enquête.
Au vu des résultats de ces différentes étapes, et après
avis du Conseil départemental d'hygiène, le préfet décide
ou non d'autoriser par arrêté l'exploitation de l'installation,
en fixant le cas échéant les prescriptions que devra respecter
l'exploitant de l'installation.
L'enquête publique a pour objet d'informer le public,
recueillir ses appréciations, suggestions et contre-propositions,
afin de permettre au préfet de disposer de tous les éléments
nécessaires à son information.
Cette enquête publique est menée par un commissaire
enquêteur (ou une commission d'enquête), désigné par le
tribunal administratif sur requête du préfet. Il est le
seul apte à organiser les échanges avec le public concerné
par le projet d'ICPE pendant l'enquête qui dure un mois
et peut être prolongée de 15 jours par le commissaire enquêteur.
L'enquête est ouverte et organisée par un arrêté préfectoral.
Ce dernier désigne les lieux, dates et horaires où le dossier
d'autorisation complet est consultable et où des observations
peuvent être déposées sur un registre. Cet avis est diffusé
dans les journaux locaux, les mairies concernées, les lieux
publics et à l'entrée du centre de Cadarache pour ce qui
concernera plus précisément l'enquête sur Amande. A la fin
de l'enquête, les remarques, objections et questions du
public sont rassemblées dans un rapport rédigé par le commissaire
enquêteur (ou la commission d'enquête), avec les réponses
de l'exploitant. Ce rapport, consultable pendant un an à
la préfecture et dans les mairies, est transmis par le préfet
à la DRIRE qui poursuit l'instruction de la demande d'autorisation
jusqu'à la décision finale du préfet.

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